Liste des dessins animés du Club Dorothée : le guide complet
Le Club Dorothée : la porte d’entrée vers les dessins animés japonais
Pour toute une génération d’enfants français, le mercredi matin et les après-midis avaient un goût particulier : celui du Club Dorothée. Diffusée sur TF1 de 1987 à 1997, cette émission mythique animée par Dorothée, Ariane, Jacky, Corbier et Patrick Simpson-Jones a marqué l’enfance de millions de téléspectateurs. Mais au-delà du divertissement, le Club Dorothée a surtout été le véhicule d’une véritable révolution culturelle en introduisant massivement les anime japonais en France.
Avant le Club Dorothée, les dessins animés japonais existaient déjà sur les écrans français grâce à Récré A2, mais c’est véritablement cette émission qui a démocratisé le genre auprès du grand public. Dragon Ball, Les Chevaliers du Zodiaque, Sailor Moon, Nicky Larson, Ken le Survivant, Olive et Tom… la liste des séries cultes diffusées dans ce cadre est vertigineuse.
La liste complète des dessins animés diffusés au Club Dorothée
Le catalogue du Club Dorothée comptait plusieurs centaines de séries animées, principalement japonaises mais aussi quelques productions européennes. Parmi les plus emblématiques, on retrouve les piliers qui ont construit l’identité de l’émission.
Dans la catégorie des shōnen (séries d’action pour garçons), Dragon Ball et Dragon Ball Z occupaient une place de choix. Diffusé à partir de 1988, le parcours de Son Goku a captivé des millions d’enfants qui reproduisaient les Kamehameha dans les cours de récréation. Les Chevaliers du Zodiaque (Saint Seiya), avec leurs armures légendaires et leurs combats cosmiques, ont également laissé une empreinte indélébile. Ken le Survivant, plus violent, a d’ailleurs provoqué de nombreux débats sur la violence dans les dessins animés pour enfants.
Côté séries sportives, Olive et Tom (Captain Tsubasa) a fait rêver une génération entière de footballeurs en herbe, tandis que Jeanne et Serge racontait le quotidien du volleyball féminin. Slam Dunk, arrivé plus tardivement, a popularisé le basketball auprès des jeunes Français.
Les séries romantiques et féminines n’étaient pas en reste : Sailor Moon et ses guerrières magiques, Georgie, Lucile amour et rock’n’roll, ou encore Juliette je t’aime offraient un contrepoint aux séries d’action. Nicky Larson (City Hunter), avec son mélange d’humour et d’action, séduisait aussi bien les garçons que les filles.
Les génériques inoubliables qui résonnent encore
L’une des particularités du Club Dorothée était ses génériques français, chantés par des artistes comme Bernard Minet, Ariane Carletti ou Dorothée elle-même. Ces chansons, souvent très éloignées des thèmes originaux japonais, sont devenues des tubes à part entière. Qui n’a jamais fredonné le générique de Dragon Ball Z ou celui des Chevaliers du Zodiaque ?
Bernard Minet, batteur du groupe et animateur de l’émission, a interprété des dizaines de génériques devenus cultes. Ses versions de Dragon Ball Z, Nicky Larson ou Les Chevaliers du Zodiaque font partie du patrimoine musical de cette génération. Ces génériques étaient si populaires qu’ils se vendaient sur cassettes audio et CD, faisant de la bande originale du Club Dorothée un véritable phénomène commercial.
La polémique et les critiques de l’époque
Le Club Dorothée n’a pas été sans controverse. Ségolène Royal, alors députée, a vivement critiqué l’émission dans son ouvrage paru en 1989, dénonçant la violence et le sexisme supposés des anime japonais. Le CSA a également mis son nez dans les programmes, entraînant la censure de certaines scènes jugées trop violentes ou inappropriées pour un jeune public.
Ken le Survivant et Hokuto no Ken ont été particulièrement visés, avec des épisodes entièrement retirés de la programmation. Dragon Ball Z a subi des coupes dans ses scènes de combat les plus intenses. Ces censures, parfois maladroites, ont paradoxalement renforcé l’aura mythique de certaines séries auprès des fans qui cherchaient les versions non censurées.
L’héritage culturel du Club Dorothée
Trente ans après sa disparition des écrans en 1997, le Club Dorothée continue d’exercer une influence considérable sur la culture populaire française. L’émission a créé un terreau fertile pour la culture manga et anime en France, faisant du pays le deuxième marché mondial du manga derrière le Japon.
Les conventions comme Japan Expo, qui rassemblent chaque année des centaines de milliers de visiteurs, sont les héritières directes de cet engouement né au Club Dorothée. Les trentenaires et quarantenaires d’aujourd’hui qui collectionnent les figurines, relisent les mangas ou regardent les suites de leurs séries préférées perpétuent cette passion née devant leur écran cathodique.
Le Club Dorothée a façonné les goûts, les références et même les vocations de toute une génération. Dessinateurs, mangakas français, créateurs de jeux vidéo… beaucoup citent ces dessins animés comme leur première source d’inspiration. Cette émission reste, pour des millions de Français, bien plus qu’un simple programme télévisé : c’est une madeleine de Proust audiovisuelle, un concentré d’enfance et de souvenirs partagés.